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MIDELT MIBLADEN AOULI

Notre jeunesse
November 01

photos de Midelt

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donnat des vues sur MIDELT
February 26

photos de Aouli

August 18

Les mines d'aouli

 

Mines d'Aouli (Société anonyme marocaine ). -  Par Monsieur Carré, (ancien directeur).-  (Texte écrit en septembre 1949).- (Extrait du Bulletin Peñarroya, 4e trim. 1950)

Les Mines d'Aouli fournissent un bel exemple de la collaboration des mineurs belges, français et des ingénieurs de l'administration du B.R.P.M., pour la mise en valeur et le développement minier au Maroc. Elles montrent quel acharnement et quel optimisme doit posséder le mineur pour persévérer malgré des traverses constantes, moderniser sans cesse pour adapter les prix de revient aux fantaisies des cours mondiaux, solliciter le concours de toutes les bonnes volontés, administratives et privées, pour faire "vivre" une mine en évolution, entièrement connue seulement lors de son épuisement.

         Pour beaucoup de marocains mêmes, Midelt est encore un trou perdu, en plein pays berbère, au pied de l'Ayachi, au milieu d'un plateau d'alfa aux maigres pâturages, constamment soumis à un vent glacé en hiver, trop chaud en été, caractéristique de cette vallée de la Moulouya, abandonnée des dieux dans cet Empire fortuné.

Cependant, il y a une très bonne route goudronnée (qui a remplacé la piste Meknès-Midelt), des cars presque luxueux, l'eau et l'électricité (ce que n'a pas Yaoundé, capitale du Cameroun).

Reportons-nous vers les années 1923 à 1931 où la "route" n'était qu'une mauvaise piste défoncée par d'abondants transferts militaires et dont la "sécurité" n'était assurée que pendant la journée, où Midelt n'était qu'un poste militaire aux bâtiments de tabla couverts en tôle, poste avancé de la zone de sécurité (souvenons-nous du défilé militaire de 1951 : le 7er RTM  à la tête duquel défilait un magnifique bouc, mascotte du régiment).

 

L'Ayachi était un "no man's land" que l'européen n'approchait que précédé de moghaaznis et de partisans occupant les pitons et scrutant l'horizon.

La Compagnie Minière de l'Afrique du Nord (C.M.A.N.), mère des Mines d'Aouli, avait vraiment foi dans l'avenir pour recruter et envoyer des prospecteurs à 30 km de Midelt, dans le coupe-gorge grandiose que constitue le cañon de la Moulouya à Aouli ; pour commencer immédiatement les travaux de recherche et faire des installations sur des permis qui étaient accordés dans un ovale symbolique de "sécurité".

 

A Mibladen un véritable bordj devait être construit [1923 ?], avec tours de garde aux quatre coins et une garnison de moghaaznis à l'abri duquel, les ouvriers travaillant sur les chantiers se retiraient dès la tombée de la nuit. L'audace  a eu raison, car des "djiouch" sont venus à Midelt jusqu'en 1931, mais n'ont jamais inquiété le personnel de Mibladen ni d'Aouli.

 

         A cette époque, les cours des métaux étaient particulièrement élevés et incitaient au développement rapide des mines, malgré les transports difficiles et ruineux.

          Heureusement, le Génie, quelques fois bienfaisant, construisait pour les besoins militaires en vue de la pacification de la région et du Sud, une voie de 60,  partant de Guercif et qui, remontant la vallée de la Moulouya, jetait des antennes progressives vers Midelt.

Des oasis,  retombées maintenant dans leur quiétude, devenaient subitement "tête de ligne", telles Tamdafelt, Ksabi, Boua Sidi et enfin Midelt.

 

C'est cependant ce pauvre tortillard qui mettait deux jours d'Oujda à Midelt, qui a permis le transport du matériel de force motrice, de perforation et de laverie, puis plus tard des alternateurs, turbines et conduite forcée de la centrale hydroélectrique de Flilo (chaque virole de la conduite forcée était chargée sur deux wagons accouplés).

 

Après ce bel effort d'ailleurs, la pacification étant achevée, une belle route reliant Midelt à Meknès, la voie de 60 Guercif-Midelt ne pouvait soutenir la concurrence des transports par camion et n'avait plus qu'à disparaître, nous servant encore à ce moment en nous approvisionnant largement en rails.

Cependant, durant la guerre et les restrictions d'essence, bien des regrets allèrent vers cette vois reniée quelques années plutôt.

 

Fin 1931, les deux gisements d'Aouli et de Mibladen étaient suffisamment reconnus et équipés pour que l'on puisse passer à la phase d'exploitation ;

 

A Mibladen, le gisement d'imprégnation en couches dans les bancs dolomitiques du domérien affleure sur plusieurs petits dômes : des tranchées, des carrières, trois cents petits puits avaient permis de mettre à la vue 40000 tonnes de minerai marchand exploitable au cours de 18 francs-or.

 

Une centrale à gazogène - au charbon de bois dans la région - pouvait fournir 300 CV.

Des logements pour les ouvriers marocains et européens, des magasins, des ateliers, une cantine, permettaient d'assurer la marche d'une exploitation.

 

Le plateau calcaire de Mibladen, pays d'alfa, est aride et sans eau. Quelques petites sources coulent au pied de la falaise, au contact par faille avec les argiles triasiques. L'une d'elle à été aménagée et une tuyauterie posée, permettant un débit de 200 m3 par 24 heures. Il n'y avait pas de laverie.

C'est que le minerai de Mibladen comprenant une forte proportion de cérusite (jusqu'à 60% de minerai oxydé), de la galène dans une gangue barytique et souvent marneuse était très difficile à traiter.

Les procédés gravimétriques étaient d'un rendement désastreux ou d'une complication désespérante ; la flottation des oxydés était encore dans l'enfance. On faisait encore des essais.

 

 

A Aouli, à 12 kilomètres de Mibladen et près de 300 mètres en contrebas, la Moulouya coule encaissée de 200 mètres entre les murailles de schistes métamorphiques, peut-être précambriens.

Des filons de quartz barytique au sommet, minéralisés en galène argentifère de 2 mètres de largeur en général, bordent ou recoupent les sinuosités de la Moulouya ("La Sinueuse" paraît-il).

Près de 200 galeries minéralisées y étaient tracées en 1931 dans les différents filons et à différents étages, en amont du niveau de la Moulouya. Elles avaient mis à la vue 60000 tonnes de minerai marchand.

Un compresseur "Leflaive de 10 m3", des "Crépelles" donnant autant, permettaient d'assurer la perforation mécanique dans les filons quartzeux durs.

Un gazogène de 80 CV était installé et une ligne électrique de 10.000 volts (portée plus tard à 22.000) reliait Aouli à la Centrale de Mibladen.

Une laverie de 20 tonnes/heure venait d'être achevée : la montagne avait dû être largement entaillée pour pouvoir lui trouver un emplacement.

Le transport de certains appareils, du "Hancok-Jig" en particulier, entre Mibladen et Aouli où la piste emprunte le lit d'un oued qu'il traverse 23 fois, avait été tout un poème !

Cette laverie gravimétrique dans l'ensemble, avait des cellules de flottation "Forrester" en queue. Les procédés de lavages on énormément évolués depuis 20 ans et la laverie d'Aouli a été constamment en amélioration.

En 1931 c'était une belle laverie en état de marche.

Des logements européens s'échelonnaient le long de la Moulouya ; les Marocains habitaient dans les criques en aval jusqu'au Ksar d'Aouli.

 

La Moulouya pourvoi Aouli d'eau ; parfois trop abondamment.

L'exploitation pouvait démarrer, quoique la force motrice fut faible. Au pied de l'Ayachi, d'où coulent des oueds à forte pente, loin de tout centre, la recherche d'un emplacement pour l'aménagement d'une centrale hydroélectrique s'imposait. La Moulouy était évidemment tentante, mais son débit était trop variable : presque nul à l'étiage (200 litres/seconde), il atteint ou dépasse 1000 litres/seconde en crue, déblayant tout sur son passage.

Des  indications permirent d'étudier l'oued Outat et de le trouver favorable, quoique d'un débit moindre. La construction d'un canal d'amenée de 5 km donnant une hauteur de chute de 110 m permettait l'installation à Flilo d'une centrale avec 3 turbines pouvant donner 1200 CV (1600 CV installés). Il n'y avait plus qu'à construire.

Or en 1931, c'est la grave crise qui s'annonçait ; les cours des métaux s'effondraient : inutile de songer à une exploitation rémunératrice. Les possibilités de chacun se restreignaient et le capital des Mines d'Aouli - qui était passé de 4 millions à 25 puis à 37,5 millions nominalement (mais seulement 31.25 millions souscrits) - était complètement utilisés dans les recherches et les installations.

C'est alors que le B.R.P.M. fit confiance aux Mines d'Aouli et souscrit la part d'augmentation de capital de 6.25 millions qui restait disponible. Nous pouvions ainsi terminer les études de Flilo et monter la centrale qui devait être achevée en mars 1934.

Une ligne électrique de 22 km à 22.000volts relie Flilo à Mibladen, laissant au passage une apophyse qui alimente Midelt.. Un premier stage de l'équipement des Mines d'Aouli était achevé. Nous étions prêts, mais ni le marché mondial, ni la France, n'étaient acquéreurs de pierre à des prix suffisants.

Ce n'est qu'à la fin de 1935 que le Gouvernement français accordait une prime aux mines de plomb pour compenser les bas cours.

L'exploitation d'Aouli commençait en 1936, aidée cette fois-ci par la Société de Peñarroya, qui, sur un contrat de vente de minerai, donnait le fond de roulement nécessaire pour attendre les premiers encaissements de la vente du minerai produit, représentant près de quinze ans d'efforts constants.

Et la vente de ce premier lot de minerai était faite à 900 F la tonne ! A peu près le prix du seul transport de Midelt à Meknès en 1929.

 

Si nous faisons un brusque saut dans le présent, douze ans plus tard, les Mines d'Aouli sont au capital de 300 millions, elles ont fait 126 millions de bénéfice en 1948 et la Bourse les estime à 6 milliards, tandis qu'en 1934 elle n'en voulait pas pour 3 millions ! Ceux qui font confiance au Mineur doivent être patients, mais ils sont souvent récompensés.

 

         Depuis 1936, la vie des Mines d'Aouli est la vie normale des mines marocaines, avec l'épreuve de la guerre et la renaissance pleine d'espoirs depuis trois ans, un peu douchée ces derniers mois.

         En 1936, la production est de 4900 tonnes, elle atteint 9600 tonnes en 1937 et 12800 tonnes en 1939. Elle se tasse pendant la guerre et reprend avec 10600 tonnes en 1948, (11600 tonnes en 1949, 25050 tonnes en 1953, 28500 tonnes en 1955) (Bulletin "Peñarroya 3e trim.1956)

Les filons d'Aouli ont été développés normalement avec les aléas inhérents à toute recherche minière : les uns ont déçu l'espoir que l'on mettait dans leur profondeur ; les autres on subitement eu des prolongements intéressants sur lesquels on ne comptait plus.

Un puits à été foncé à 110 mètres sous le niveau de la Moulouya ; un travers-banc de 850 mètres au niveau de la Moulouya a recoupé un gros filon, “ Henri ”, avec une minéralisation disséminée dans une caisse de quartz broyé,  de 25 m de largeur. Les nouveaux procédés de lavage en particulier, le "Sink and float" permettant de tirer parti avantageusement de l'énorme réserve de tonnage constitué par ce filon.

 

 

         La laverie d'Aouli s'est constamment modernisée : remplacement de deux broyeurs à meule par un "Symons Cône crusher de 3' " ; utilisation différente des broyeurs à boulet "Hardinge" et adjonction de classificateurs" Dorr" ; suppression des tables "Butchard et Wilfley", installation de la flottation avec des cellules "Denver 18 sp".

 

Cette dernière transformation est achevée en mars 1939. Le "Hancock-Jig" qui donne une bonne élimination des stériles, est seul conservé comme appareil gravimétrique. C'est avec cet équipement que nous abordons la guerre. Aouli marche jusqu'en 1942, puis doit être arrêté. Il ne peut être remis en marche qu'en octobre 1946.

 

Depuis, les améliorations interrompues par la guerre ont repris avec une nouvelle impulsion, sous l'égide de la Société de Peñarroya, qui assure la direction générale des Mines d'Aouli depuis cette date.

         Les Hummer-screen insuffisants ont été remplacés par un seul vibrotamis à grande capacité ; les cellules de flottation ont été remplacées par des "Denver 21 Sub A" d'un meilleur rendement ;  de nouveaux réactifs sont utilisés ; enfin l'installation du dépoussiérage vient d'être achevée dans le courant de l'année.

L'atmosphère est normale, les pertes sont réduites au minimum, l'entretien est largement diminué, le minerai marchand atteint une teneur supérieure à 80% de plomb, la teneur des stériles est inférieure à 0.2% et la récupération du métal dépasse 96%

Pour parer à l'insuffisance et à l'irrégularité de la Centrale hydroélectrique de Flilo, qui a fourni, peut-être un peu exceptionnellement, trois millions de kWh en 1939, des moteurs Diesel ont été installés : 

·         d'abord 2 "Sulzer" de 210 CV,

·         puis depuis 1946 un "Duvant" de 250 CV,

·         un "Mann" de 600 CV de récupération (installé à Flilo),

·         enfin 2 "Wintertur" neufs de 600 CV chacun viennent d'entrer en service à Aouli.

Ces nouvelles acquisitions permettent de parer à tous les besoins des développements prévus.

Les logements ont largement été augmentés et un quartier pour les ouvriers marocains à été construit ; en entaillant la montagne et en y adossant des maisons à plusieurs étages, presque des buildings ! Cantines européenne et marocaine, école foraine, école maternelle fonctionnent régulièrement.

Quoique la gorge ait gardé son âpreté - et son pittoresque - Aouli est devenu un centre accueillant, moderne, où l'on travaille et se distrait avec ardeur et joie, ce qui étonne et réconforte les premiers pionniers.

Parfois la nature rappelle qu'elle reste la maîtresse indomptée : la Moulouya manifeste contre l'accaparement de ses gorges et l'empiétement sur son domaine. De 1927 à 1938 la Moulouya n'avait eu de crue particulièrement importante.

Puis, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1938, alors que chacun s'apprêtait à fêter joyeusement Noël, à la suite de plusieurs journées de pluie en montagne, la Moulouya, vers 2 heures du matin grossissait démesurément, rongeant les berges remblayées, emportant un puits d'eau, culbutant le bâtiment des douches, sous-cavant les ateliers,

basculant tout un groupe de logements… heureusement sans aucun accident de personne. Le grondement des eaux déchaînées étant un avertissement écouté.

 

         De grosses crues se succédaient les années suivantes et la dernière, dans la nuit du 29 au 30 avril 1949, battaient tous les records : montant de 2 m sur les berges, noyant la mine, envahissant tous les rez-de-chaussée, noyant bassins et caniveaux des centrales, moteurs et … emportant en gage 300 tonnes de minerai marchand prêt à l'ensachage ! L'alerte a été "chaude" ; la maison du chef de service a été envahie ; des appels angoissés sillonnaient la nuit de part et d'autre de la Moulouya infranchissable, les ponts étant emportés ou submergés, soumis aux coups de bélier d'arbres entiers entraînés par le courant.

Le lendemain matin tout le monde se trouvait indemne, quitte pour une nuit d'insomnie pleine d'angoisse.

Sortons des gorges "du relief en creux" pour remonter sur le plateau de Mibladen, avec le décor prestigieux de l'Ayachi enneigé, surgissant à 3800 m, sous un soleil méditerranéen.

 

         La laverie de Mibladen a été construite en 1937 et mise en marche en juin 1938. Elle profitait des derniers perfectionnements : séparation en deux bâtiments distincts du broyage et de la flottation ; emploi du "Symons cône crusher" et des cellules "Denver"; flottation des oxydés au sulfure de sodium et à l'amylxanthate.

Elle était assez rapidement mise au point et donnait des concentrés à 74% avec des stériles à 0.5%. Elle pouvait passer 5 à 6 tonnes/heure, soit fournir 3000 tonnes minerai marchand par an, en rapport avec le tonnage à la vue de l'époque.         

En 1939 Mibladen produisait 2640 tonnes. Depuis, soit par des petits puits, soit par des sondages exécutés, d'abord par le B.R.P.M., des zones nouvelles ont été repérées exploitables et le tonnage à vue dépasse 100.000 tonnes de minerai marchand.

Un tonnage journalier plus important peut être traité et la laverie est en cours d'agrandissement : installation d'un "Hancock-Jig" ; remplacement du broyeur "Hardinge" par un gros "Poitzius"; installation de nouvelles cellules de flottation, récupération de l'eau en attendant une installation de pompage de la Moulouya.

 

L'exploitation de Mibladen à longtemps été faite par perforation et triage sur place, transport par voie "Decauville" en bennes de 1500 kg, et traction par mulets. Actuellement la perforation est mécanique, alimentée par compresseurs mobiles I.R. à mazout ; le chargement aux carrières se fait à la pelle mécanique et le transport du minerai brut des carrières à la laverie avec des camions "Mack".

 Bientôt le triage se fera sur des toiles transporteuses. Le "Sink and float" envisagé doit être plus complètement étudié à cause de l'enrobage fréquent du minerai dans des marnes et argiles qui nécessitent un débourbage intense avant traitement.

          Gardant le cadre original du bordj des premières années, les villas ont essaimé hors des enceintes. Mosquée, école foraine, cantines ont été construites. Ce sont les bureaux maintenant qui s'édifient plus confortablement.

        

Enfin, pendant la guerre, les Mines d'Aouli ont monté une scierie de cèdres dans le Moyen Atlas, dans le canton de Senoual, à 2000 m d'altitude, dans un site grandiose, rappelant les beaux coins des Vosges (1944-1948) contribuant ainsi à l'effort de guerre en fournissant des sciages de cèdres et récupération des planches et croûtes de moins bonne qualité utilisées dans les travaux de mine et le coffrage de construction nouvelles.

Nous terminerons en parlant de la main-d'œuvre marocaine, berbère de la montagne, Aït Izdeg de Midelt, Aït Merghad de Goulmina et d'Assoul, Aït Seghrouchen de Talsint-Zissour et même Filaliens d'Erfoud et du Tafilalet, Sahariens de Ksar-es-Souk.

Ce sont essentiellement des agriculteurs cantonnés dans les vallées étroites irrigables le long des oueds (Moulouya, Ansgmir, Outat, Ziz, Rhéris etc.…) où des pasteurs nomadisant parfois sur de grandes distances avec leurs troupeaux de chèvres, moutons et même chameaux (les Aït Merghad vont de Goulmina et d'Assoul à Mibladen)

Le recrutement s'étend ainsi sur 250 km et met en bonne fraternité, au coude à coude, des tribus qui, il y a encore 15 ans, étaient au sens propre, à couteaux tirés.

 Quoique l'appel de la terre, des moissons, des semailles  reste impérieux (tout le monde voudrait s'éclipser en mai-juin ; à l'annonce de la moindre averse, en septembre, les gens de Goulmina - Assoul disparaissaient mystérieusement), ils sont devenus des travailleurs consciencieux, intelligents souvent, bons enfants fidèles et sur lesquels ont peut s'appuyer avec sécurité.

Mais héritiers d'une haute civilisation qui a dominé en son temps tout le bassin méditerranéen et n'a été arrêté dans la conquête de l'Afrique noire que par la mouche tsé-tsé, ils ont gardé un sens aigu de la dignité humaine, des valeurs relatives et de la justice.

Obéissants et dévoués, ils aiment le chef dur mais capable et payant de sa personne... Au total, ce sont de vrais marocains.

 
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